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Lasius niger Fourmilière

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Ce que vous regardez

Une colonie de Lasius niger, la fourmi noire des jardins, la plus commune d'Europe et bien installée au Québec. Vue en coupe, comme dans une fourmilière entre deux vitres. Ce n'est pas un jeu : rien à gagner, tout à observer.

Une seule mère, des milliers de sœurs

Toute la colonie descend d'une reine unique, fécondée une seule fois lors de son vol nuptial. Elle garde le sperme toute sa vie dans sa spermathèque et ne fait plus que pondre. Les ouvrières sont toutes ses filles, stériles. Un œuf fécondé donne une femelle ; un œuf non fécondé donne un mâle, qui n'a donc pas de père. Dans la nature, une colonie de Lasius niger compte de quelques milliers à plus de dix mille ouvrières ; le simulateur plafonne vers 1 500 pour rester fluide.

Le cycle de vie

ŒufMinuscule, blanc, léché sans cesse par les nourrices.≈ 10 jours à 25 °C
LarveUn asticot blanc, seul stade qui mange et grandit. Nourrie de miellat et de proies.≈ 12 jours
NympheEnfermée dans un cocon de soie. Les ouvrières l'ouvrent à l'éclosion.≈ 12 jours
AdultePâle et molle le premier jour (« imago fraîche »), puis noire. Ne grandit plus jamais.1 à 2 ans

Le froid ralentit tout : sous 10 °C, le développement s'arrête. La reine, elle, peut vivre plus de vingt ans ; une Lasius niger a tenu 28 ans et 9 mois en laboratoire.

Qui fait quoi

Cette répartition par âge, le polyéthisme d'âge, n'est pas rigide : si le couvain grossit, davantage d'ouvrières restent nourrices ; si les jabots se vident, davantage sortent. Le simulateur réévalue les effectifs chaque heure.

La nourriture voyage de bouche en bouche

Une fourrageuse rentre avec le jabot social plein de miellat ; elle en régurgite une goutte à une ouvrière d'intérieur, qui en donnera aux nourrices, qui en donneront aux larves et à la reine. Cette trophallaxie répartit la nourriture et l'odeur commune dans toute la colonie. Les adultes ne mangent que du liquide : ce sont les larves qui digèrent les proies, et une colonie sans protéines voit ses larves stagner et sa reine ralentir. Déposez un insecte mort en surface pour voir le recrutement se mettre en place.

Le nid

Chaque boulette de terre creusée est portée dehors, d'où la butte, ou le cratère, autour de l'entrée. Le nid s'agrandit avec la population : chaque nouvelle chambre n'est entreprise que lorsque la colonie est assez nombreuse (cochez « Plan du nid »). Les chambres profondes ont une température stable ; près de la surface, la butte chauffe au soleil l'après-midi. Les nourrices en profitent pour déménager le couvain là où il fait environ 25 °C (cochez « Températures »).

Les saisons

Quand le sol du nid passe sous 8 °C, la colonie entre en diapause : tout le monde descend se serrer au fond, plus de sorties ni de ponte, et les larves attendent le printemps. Une colonie forte élève au printemps des sexués ailés, gynes et mâles, qui s'envolent tous ensemble par une fin d'après-midi lourde de juillet ou d'août. Les mâles meurent aussitôt ; les femelles fécondées arrachent leurs ailes et fondent seules une colonie, enfermées dans une loge, sans manger, jusqu'à l'éclosion de leurs premières ouvrières, les nanitiques. C'est le scénario « Fondation ».

Commandes

Ce que le simulateur simplifie

Pour aller plus loin : B. Hölldobler et E. O. Wilson, The Ants (1990) ; L. Keller et M. Genoud, « Extraordinary lifespans in ants », Nature (1997) ; les moulages de nids de W. R. Tschinkel. Page construite en paire avec Claude.